Petite histoire de l’enseignement à distance

De 1840 à 2025 : L’enseignement à distance, des cours par correspondance à la personnalisation numérique des apprentissages 

Par Géraldine Guillermin

L’histoire de l’enseignement à distance débute au XIXᵉ siècle. En 1840, à Londres, Isaac Pitman révolutionne l’apprentissage en créant un système d’enseignement de la sténographie par correspondance, posant ainsi les premières bases de cette nouvelle forme d’éducation. En France, ce mode d’enseignement prend son essor dans les années 1870, notamment avec l’école Pigier qui, fondée en 1877, lance ses premiers cours par correspondance en 1885. 

Un tournant majeur survient en 1939 lorsque le gouvernement français, face à la désorganisation du système scolaire causée par la guerre, crée le Centre National d’Enseignement à Distance (CNED). Cette initiative visionnaire, née dans l’urgence, pose les fondations d’une transformation profonde de l’éducation. Si le CNED proposait initialement une approche standardisée avec ses cours par correspondance, l’avènement du numérique allait révolutionner cette conception de l’enseignement à distance. 

Aujourd’hui, l’enseignement en ligne représente la forme la plus avancée d’adaptation et de personnalisation des apprentissages. Fini le temps du « one size fits all ».

Les plateformes numériques permettent d’ajuster le rythme, le contenu et les méthodes d’apprentissage aux besoins spécifiques de chaque élève. Cette flexibilité ne signifie en aucun cas un relâchement des exigences académiques – bien au contraire. L’optimisation du temps d’apprentissage, rendue possible par notre concept innovant de transférabilité, qui dépasse la simple complémentarité entre présentiel et distanciel, permet aux élèves d’approfondir leurs connaissances et d’explorer davantage leurs centres d’intérêt. Les algorithmes d’apprentissage adaptatif, les outils de suivi personnalisé et les ressources pédagogiques diversifiées créent des parcours véritablement individualisés, tout en maintenant le haut niveau d’exigence qui caractérise l’excellence académique. 

L’histoire de l’enseignement supérieur en ligne aux États-Unis commence véritablement en 1989 avec l’University of Phoenix Online, première institution à proposer un bachelor’s degree entièrement à distance. Cette initiative pionnière a rapidement été suivie par d’autres établissements prestigieux : la Penn State World Campus en 1998, la Western Governors University en 1997. Au fil des années, des institutions renommées comme l’Arizona State University, Liberty University et Southern New Hampshire University ont développé des programmes en ligne complets, du bachelor au doctorat, tandis que Georgia Tech se distinguait dès 1977 en proposant l’un des premiers programmes d’ingénieur à distance. 

L’année 2012 marque un tournant décisif dans cette histoire avec l’émergence des plateformes de MOOCs. Coursera1, fondée par des professeurs de Stanford, s’est rapidement imposée comme leader mondial avec un modèle économique hybride : des cours gratuits en audit simple et des certifications payantes. La plateforme compte aujourd’hui plus de 90 millions d’utilisateurs et propose plus de 4000 cours d’institutions prestigieuses. En France, France Université Numérique2 (FUN) a pris une voie différente en 2013, portée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur. Fidèle aux valeurs du service public d’éducation, FUN propose un modèle entièrement gratuit de MOOC, avec plus de 700 cours produits par les universités et grandes écoles françaises. Les apprenants peuvent obtenir des badges et des certificats de réussite, mais les cours ne sont pas diplômants. 

Cette même année 2012 marque pour moi un moment charnière, au milieu de mon master en Educational Leadership and Administration avec la George Washington University.

Cette expérience s’est révélée véritablement transformatrice. À travers les plateformes Moodle et Blackboard, j’ai découvert une interactivité avec les professeurs dépassant celle que j’avais connue en présentiel.

Les enseignants étaient remarquablement disponibles, répondant à nos questions très rapidement, même en dehors des horaires traditionnels de cours. Cette accessibilité, combinée à la collaboration avec des étudiants du monde entier, a enrichi mon parcours d’une manière inédite, nourrissant ma conviction dans le potentiel de l’apprentissage en ligne. 

Cette vision s’incarne aujourd’hui dans OFALycée, qui démontre qu’un enseignement à distance de qualité repose autant sur la technologie que sur la création d’une véritable communauté apprenante. L’établissement a développé un écosystème social riche où les élèves interagissent quotidiennement via des groupes WhatsApp, un club lecture mensuel avec parents et enseignants, des concours de poésie et de lecture, et même un fitness challenge annuel au mois de mars orchestré par l’indomptable Olivier Saint-Vincent, directeur académique et co-fondateur de l’établissement. Ce professeur de lettres classiques et modernes, philosophe dans l’âme, incarne parfaitement l’alliance entre tradition académique et innovation pédagogique qui caractérise OFALycée. Son fitness challenge fédère l’ensemble du personnel volontaire dans un élan collectif de dépassement de soi, illustrant la capacité de l’établissement à créer des liens au-delà des écrans. 

L’excellence de ce modèle éducatif est validée par l’accréditation Cognia, une distinction majeure dans le monde de l’éducation. Issue de la fusion de trois des plus prestigieuses organisations d’accréditation américaines, Cognia représente le plus haut standard de qualité éducative à l’échelle mondiale. Cette accréditation, obtenue après un processus d’évaluation rigoureux, examine en profondeur tous les aspects de l’établissement : gouvernance, qualité de l’enseignement, accompagnement des élèves, ressources pédagogiques, et résultats académiques. La valeur de cette reconnaissance se reflète concrètement dans le parcours des élèves d’OFALycée, qui ont déjà reçu des acceptations dans 65 universités différentes à travers le monde. 

Le succès de ce modèle s’illustre parfaitement à travers le parcours de Michèle, élève de la première promotion de bacheliers. Originaire du Mexique, elle a relevé le défi d’étudier dans un système éducatif français alors que le français était sa troisième langue.

« Sans OFALycée, je n’aurais pas pu accéder à mon rêve d’étudier la biologie en France, »

témoigne-t-elle, démontrant comment l’enseignement à distance peut transcender les barrières géographiques et linguistiques. 

En France, le paysage de l’enseignement en ligne reflète un paradoxe saisissant, particulièrement marqué dans l’enseignement primaire et secondaire. Alors que le pays fut pionnier de l’enseignement à distance avec le CNED dès 1939, et que l’enseignement supérieur en ligne est aujourd’hui largement reconnu et valorisé, les établissements entièrement en ligne du primaire et du secondaire peinent à obtenir une reconnaissance officielle. Cette dichotomie entre supérieur et pré-bac s’explique par plusieurs facteurs : un attachement profond au présentiel comme garant de l’égalité républicaine dans le primaire et le secondaire, un cadre réglementaire rigide, et possiblement la crainte d’une concurrence avec le réseau AEFE pour l’enseignement français à l’international. Cette résistance institutionnelle complexe contraste avec la réalité du terrain, où des établissements comme OFALycée démontrent, à travers des accréditations internationales comme Cognia et une communauté éducative diverse et ouverte sur le monde, qu’excellence académique et enseignement en ligne peuvent non seulement coexister, mais aussi enrichir l’offre éducative française à l’international plutôt que la fragiliser. 

Face aux évolutions technologiques et sociétales, l’enseignement à distance en France se trouve à un moment charnière.

Si le pays a su être pionnier avec le CNED et maintient son excellence dans le supérieur, il doit maintenant relever le défi de la reconnaissance des établissements en ligne du primaire et du secondaire.

L’exemple d’OFALycée montre qu’il est possible de conjuguer innovation pédagogique, excellence académique et valeurs républicaines dans un enseignement en ligne. L’avenir de l’éducation française se joue dans sa capacité à embrasser ces nouvelles formes d’apprentissage tout en préservant ses exigences de qualité et d’équité. 

Géraldine Guillermin

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